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Les prairies d’or (Murūǧ al-ḏahab wa maʿādin al-ǧawhar) (Mas’ūdī)

 

Mas’ūdī, ’Alī ibn al-Ḥusayn al- (090. ?-0956 ?). Les prairies d’or (Murūǧ al-ḏahab wa maʿādin al-ǧawhar), Maçoudi ; Texte et traduction par C. Barbier de Meynard et Pavet de Courteille, Paris, Imprimerie impériale, 1861-1917, ("Collection d’ouvrages orientaux publiée par la Société asiatique"), 9 [1]. L’ouvrage fut revu et corrigé par Charles Pellat, Paris, Société asiatique, ("Collection d’ouvrages orientaux / Société asiatique. - Paris : Impr. Nationale "), 1962-<1971 >, v. 1-<3>.

Avertissement (tome IV, p. 7-11)

Mon collaborateur et ami M. Pavet de Courteille désirant donner tout son temps à des travaux commencés avant la publication des Prairies d’or, je reste désormais seul chargé de continuer et de mener à bonne lin la tâche que la Société asiatique a bien voulu nous con- fier. C’est un devoir pour moi de redoubler d’application et de zèle dans l’accomplissement d’une entreprise dont la responsabilité n’est plus partagée, et je ne négligerai rien pour que cette dernière moitié de l’ouvrage soit digne de l’accueil favorable que les trois pre- miers volumes ont o])tenu du public. Moins élégant, moins libre d’allures, mu traduction, par cela même qu’elle sera le fruit d’un travail individuel, aura peul être h un plus haut degré ce caractère d’homogénéité qu’une collaboration, si unie qu’elle soit, ne saurait lui donner entièrement.

On trouvera dans ce volume la Un des généralités auxquelles ont été consacrés les volumes précédents, puis l’histoire rapide, mais substantielle, de Mahomet et de ses quatre premiers succeseurs. Après avoir rappelé les vieilles théories grecques sur la constitution physique du globe, théories dont l’analyse un peu sèclie se trouve dans le Livre des routes d’Ibn Khordadbeh ; après nous avoir mis au courant des fables répandues de son temps sur les génies et les monstres, Macoudi décrit, dans six chapitres d’une étendue fort inégale, les monuments du paganisme tels qu’il pouvait les connaître. Ses informations sur les temples grecs , romains et slaves , comme sur les pagodes chinoises, n’ont pas pour nous plus de valeur que les renseignements analogues recueillis par Kazwini dans YAtharel-Bilad. En revanche, ce qu’il dit du cuite et des monuments sabéens présente un caractère d’authenticité incontestable. On connaît déjà ce curieux fragment par les extraits et la traduction que M. Cbwolsohn a insérés dans son livre sur le sabéisme [Die Ssabier and der Ssabismus, t. II). Je n’ai point négligé de consulter ce savant ouvrage, ni de mettre à profit les notes et éclaircissements qui en rehaussent la valeur. Les détails relatifs aux pyrées et au culte de Zoroastre ne méritent pas moins de fixer notre attention , et viennent heureusement corroborer ou compléter la description donnée par Isthakhri, par Kazwini et les compilateurs persans cités dans le grand diction- naire de Yakout.

Après un résumé de chronologie universelle qui a dû lui. coûter beaucoup de peine, mais que les copistes ont mutilé impitoyablement, Maçoudi, dans le chapitre LXX, aborde l’histoire musulmane qu’il n’abandonnera plus jusqu’à la dernière page. Ici surtout il importe de se rappeler que, dans la pensée de leur auteur, les Prairies d’or sont simplement le résumé, findex des deux grands ouvrages dus à son in- croyable fécondité. On s’explique de la sorte pourquoi la biographie de Mahomet, qui devait occuper une large place dans les Annales historiques et le Livre moyen, est esquissée à grands traits sous forme de précis histo- rique ; pourquoi les adages attribués par la tradition au fondateur de l’islamisme sont dépouillés de leurs isnad , marques d’origine sans lesquelles ils perdent tout leur prix aux yeux de la critique.

En ce qui concerne le kha- lifat, l’auteur suit sans y déroger le plan qu’il s’est tracé. Après avoir mentionné en quelques lignes l’âge, les dates principales et la famille de chaque khalife, il passe soit au récit d’un des grands événements de son règne, soit à des particularités de sa vie privée. C’est de l’his- toire à la façon de Suétone, mais avec plus de sincérité, sans caquetage ni recherche de scandale. C’est ainsi qu’après nous avoir offert de nouveaux documents sur la conquête de Syrie et de Perse, il nous dépeint en traits ineffaçables la vie austère et frugale d’Abou Bekr ; le génie politique, les mœurs âpres d’Omar ; l’incapa- cité d’Otmân, les intrigues de son règne et la sanglante tragédie qui en fut le dénoument. La lecture des sept chapitres consacrés à Ali confirmera sans doute l’opi- nion que la critique moderne s’était formée de ce type achevé des âges héroïques de l’islamisme ; on s’expli- quera mieux la fortune extraordinaire de ce nom que la réaction persane a divinisé ; on jugera, pièces en main, cet esprit élevé, ce cœur passionné plein d’une piété ardente et enclin au mysticisme, ce lion de Dieu in- domptable sur le champ de bataille, faible, hésitant, presque inintelligent dans le gouvernement des affaires. Sans se défendre d’une prédilection marquée pour ce grand homme, ni dissimuler la sympathie que lui ins- pirent les malheurs de sa postérité, Maçoudi n’est point schiite ; on le voit à l’impartialité avec laquelle il cri- tique les exagérations de cette secte : on sent même qu’il ne cherche pas à atténuer les fautes politiques d’Ali et de ses partisans. Je n’en veux d’autre preuve que la réflexion qui termine ce volume : u Le rôle que jouèrent les Compagnons du Prophète, après la mort de Maho- met et à la fin de la révélation, est trop incertain pour qu’il soit permis de l’apprécier en parfaite connaissance de cause, etc. » (Plus loin, p. /iSy.) Cet aveu sincère, quoique un peu timide, ne doit-il pas ajouter plus d’au- torité à ses paroles, plus de certitude aux documents réunis par ses soins sur cette phase critique de l’isla- misme naissant ? Enfin il est bon de signaler deux épi- sodes extraits des matériaux qui ont servi à la rédaction du Kitab el-Agliani, deux récits charmants par leur naï- veté et infiniment précieux pour l’histoire des vieilles mœurs arabes ; je veux parler de l’aventure du poète Abou Mihdjan à la bataille de Kadiçyeh (p. 2 i3) et du duel d’Amr et de Rébyâh (p. ilii et 5/17), voleurs, amoureux et poètes, ce qui ne faisait qu’un au désert. Ces fragments, auxquels Maçoudi a su conserver toute leur saveur, se liront avec plaisir, même après les spi- rituelles lettres de Fresnel sur les Arabes avant fisla- misme.

Je devais naturellement rencontrer, au seuil de l’his- toire musulmane, une plus grande abondance de do- cuments propres à fixer les leçons de mon texte, et aussi à éclaircir plusieurs passages obscurs k force de concision. Sans parler de l’excellent et trop rare ou- vrage de M. C. de Perceval, non moins utile à consulter pour les vingt premières années de l’hégire que pour les faits antérieurs à la prédication prophétique, j’ai trouvé, dans les deux versions de Tabari et dans les Annales d’Abou ’1-Féda, soit la confirmation, soit une autre rédaction des faits racontés par Maçoiidi. Les traités d’Ibn Kotaiba et d’Ibn Doreid m’ont permis de fixer avec certitude l’orthographe des noms propres et la suite des généalogies. Enfin M. le docteur A. Spren- ger a bien voulu me communiquer le texte autograpbic de quelques chapitres des Prairies relatifs à AH et aux Omevades, d’après un ancien manuscrit de rindc(Dchii, i8/i6, in- 12). Ce premier fascicule d’une pubbcation trop tôt interrompue, et qui, sous le titre de Historical sélections from arabic authors , était destinée à enrichir la science de documents inédits, m’a fourni plusieurs va- riantes et leçons importantes. Je dois dojic remercier publiquement le savant orientaliste de Berne de facilite : aujourd’hui, par sa libéralité, l’achèvement d’une œuvre qu’il a eu l’un des premiers l’honneur de faire connaître en Europe.

Cette seconde partie, incontestablement la plus cu- rieuse du livre de Maçoudi, ne nous consolera pas de la perte des deux grands monuments élevés à la science par cet écrivain infatigable ; cependant on peut affirmer sans présomption qu’elle répandra de vives clartés sur l’histoire politique et littéraire des Arabes. Si l’on s’est plu à retrouver dans l’abrégé de Justin les traces de la pensée puissante qui inspira à Trogue Pompée la vaste épopée des Philippiques , il me semble qu’on doit ac- cueillir avec le même intérêt un livre qui se recommande non-seulement par la nouveauté des détails, mais aussi par le soin avec lequel l’auteur a corrigé cl quelquefois complété son œuvre en la réduisant à de plus modestes proportions. (C. Barbier de Meynard)

Table des matières

Chapitre LXX. Naissance du Prophète ; sa généalogie et tout ce qui se rapporte à ce sujet

Chapitre LXXl. Mission du Prophète ; son histoire jusqu’à l’hégire

Chapitre LXXI. Fuite du Prophète (hégire) ; résumé des principaux faits historiques jusqu’à la mort

Chapitre LXXIII. Précis des événements et des faits histo- riques survenus entre la naissance et la mort de notre saint Prophète

Chapitre LXXIV. Des locutions (sentences) nouvelles intro- duites par le Prophète et inconnues avant lui

Chapitre LXXV. Khalifat d’Abou Bekr le Véridique

Chapitre LXXVI. Khalifat d’Omar, fils de Kattab (que Dieu l’agrée !)

Chapitre LXXVII. Khalifat d’Otmân, fils d’Affân (que Dieu l’agrée !)

Chapitre LXXVIII. Khalifat d’Ali, fils d’Abou Talib

Chapitre LXXIX. Récit de la journée du Chameau ; ses causes ; combats livrés pendant cette journée, etc

Chapitre LXXX. Résumé de ce qui s’est passé à Siffin entre les habitants de l’Irak et ceux de la Syrie. 343

Chapitre LXXXI Les deux arbitres ; causes qui ont produit l’arbitrage

Chapitre LXXXII. Expédition d’Ali contre les révoltés de Nehrewân ; mort de Mohammed, fils d’Abou Bekr ; mort d’Achter en-Nakhâyi, avec d’autres détails qui se rattachent à ce sujet /j 1 o

Chapitre LXXXIII. Assassinat du prince des Croyants Ali, fils d’Abou Talib

Chapitre LXXXIV. Paroles mémorables d’Ali : sa piété et autres détails sur sa vie


[1] Vols. 4-9 édités et traduits par Barbier de Meynard seul. - Texte arabe en haut de page ; trad. correspondante en bas de page.. - Vols. 1, 5-9, 1861-1871 ; vol. 2-4, "deuxième tirage," 1914-1917. - Vols. 2, 4, 6-9 : Paris, Imprimerie nationale

Voir en ligne: lire l’ouvrage dans son intégralité (éd. 1865).
 
 
Publié le dimanche 28 novembre 2010

 
 
 
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