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Jomier Jacques (1914-2008)

Jomier Jacques (1914-2008)

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Biography

Le père Jomier fait partie de la première équipe sélectionnée pour fonder l’Institut Dominicain d’Études Orientales au Caire, équipe qui comprend aussi les pères Georges Anawati et Serge de Beaurecueil.
Le frère Jacques Jomier est né à Paris, le 7 mars 1914. Il fait profession le 23 septembre 1933 et suit une formation dominicaine au Saulchoir de Kain, en Belgique. Études interrompues, néanmoins, par la guerre: mobilisé en 1939, il fait la campagne de Norvège d’avril à juin 1940.
En 1941, le père Jomier est de retour à Paris où il entame des études d’arabe à l’École des langues orientales et travaille sous la direction de Régis Blachère. Ceci va introduire le père Jomier dans le domaine délicat de l’exégèse coranique et fera de lui un excellent connaisseur du Coran.
Le père Jomier fréquente l’École pratique des hautes études, où il suit l’enseignement de Jean Sauvaget, alors directeur de l’Histoire de l’Orient musulman. Massignon fait également partie de ses relations : ils se sont rencontrés lors d’une conférence à laquelle le père Jomier a assisté en compagnie du père Chenu, alors régent du Saulchoir. Celui-ci a eu, on le sait, un rôle décisif dans le projet de ce qui deviendra en 1953 l’I.D.E.O. Le père Jomier fait partie de la première équipe sélectionnée par Chenu pour l’I.D.E.O., équipe qui comprend aussi les pères Georges Anawati et Serge de Beaurecueil. Dès cette époque, le père Jomier acquiert une bonne maîtrise de l’arabe et se construit une culture.
Le père Jomier arrive au Caire le 25 octobre 1945. Il y retrouve le père Georges Anawati, avec qui il avait été ordonné prêtre le 16 juillet 1939. Homme d’étude, il prépare alors son doctorat sur le commentaire du Manar, qu’il soutient et publie en 1954. Très vite, il s’intéresse aussi à l’Islam vécu au quotidien par les musulmans contemporains. C’est ainsi qu’il publie une étude remarquée sur le Mahmal, ce voile tissé au Caire pour orner la kaaba, que l’Égypte envoie chaque année à la Mecque en grande pompe, à l’occasion du pèlerinage. Autre publication qui fera date: un article de 1957 dans la revue de l’I.D.E.O., où il fait connaître au public occidental la trilogie du romancier égyptien Naguib Mahfouz (« La vie d’une famille au Caire d’après trois romans de M. Naguib Mahfouz », M.I.D.E.O., n° 4).
Le prix Nobel égyptien de littérature gardera une grande reconnaissance au père Jomier pour l’avoir ainsi fait connaître, le premier, en dehors des frontières de l’Égypte et du monde arabe. En fait, le père Jomier s’était mis à l’étude de la littérature contemporaine pour pouvoir être reconnu sur place dans un domaine touchant à l’Égypte, le champ du Coran étant beaucoup trop sensible pour qu’il pût s’en réclamer en milieu égyptien. L’œuvre de Jacques Jomier va alors se déployer et s’approfondir dans différentes directions. Il noue de riches amitiés avec certains lettrés musulmans, ce qui lui permettra de suivre de près les débats qui ont cours à l’Université d’al-Azhar, sur laquelle il fait des chroniques régulières dans M.I.D.E.O.
Il l est également sollicité pour écrire dans L’encyclopédie de l’islam et prendra une part remarquée à la célébration du millénaire du Caire. Cette double compétence de Jacques Jomier dans l’islam des lettrés et l’islam populaire sera précieuse quand l’Église catholique, à Vatican II, s’efforcera renouveler son regard sur l’islam et de jeter les bases d’un possible dialogue. En coulisse, il contribue à la rédaction de certains textes conciliaires et, après le concile, il est nommé consulteur du Secrétariat pour les non-chrétiens, où il siégera de 1973 à 1984. À l’occasion, il ne peut cacher son malaise devant certaines visions chrétiennes de l’islam, ambiguës sur le statut du Coran ou de Mohammed.
En 1981, il quitte l’Égypte à cause de sa santé et rejoint le couvent de Toulouse. Le père Jomier est décédé à Villefranche-de-Lauragais le 7 décembre 2008, après quelques jours d’hospitalisation.

(Source : http://www.dominicains.fr/le-frere-jacques-jomier)

Bibliography (Selection)

- Dieu et l’homme dans le Coran : l’aspect religieux de la nature humaine joint à l’obéissance au Prophète de l’islam, Paris, Les Éditions du Cerf, 1996
- Le Commentaire coranique du Manâr : tendances modernes de l’exégèse coranique en Egypte, Paris, Éditions G.-P. Maisonneuve & Cie, 1954