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Soutenance de thèse : Paul Neuenkirchen, “La fin du monde dans le Coran – Une étude comparative du discours eschatologique coranique”, 13/12/2019. Paris (EPHE)

Date : vendredi 13 décembre 2019 – 14:00
La fin du monde dans le Coran – Une étude comparative du discours eschatologique coranique
Paul NEUENKIRCHEN soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Mohammad Ali AMIR-MOEZZI

EPHE- Maison des Sciences de l’Homme, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris – Salle 1
Jury : M. Mohammad Ali AMIR-MOEZZI, M. Guillaume DYE, M. Mehdi AZAIEZ, M. Jan VAN REETH, M. Pierre LORY
Résumé

L’eschatologie, ou le discours sur la Fin, est sans nul doute la thématique centrale du Coran, allant des descriptions saisissantes des bouleversements cosmiques et terrestres qui auront lieu aux jours derniers, aux scènes du Jugement terrible pour les impies, en passant par les scènes imagées de la Résurrection. Paradoxalement, cet important discours coranique sur la Fin a été très peu abordé par la recherche universitaire, voir même occulté par certains travaux. Pourtant, de l’avis de certains chercheurs tels que Paul Casanova (m. 1926), Tor Andrae (m. 1947) ou plus récemment, Stephen Shoemaker, l’eschatologie constituerait la partie primitive du Coran, une partie qui aurait été altérée par les éditeurs de la version finale du corpus à la mort de Muhammad lorsque la Fin n’était pas venue. L’objet de ma thèse est de remettre ce discours eschatologique au premier plan en le replaçant dans son contexte historique (celui de l’Antiquité Tardive) et littéraire (celui des écrits religieux de tradition « biblique »). Ce faisant je souhaite d’une part amener un regard sur le texte coranique qui ne repose pas entièrement sur les sources traditionnelles musulmanes postérieures qui le lisent à la lumière d’évènements liés à la vie de Muhammad qui sont le plus souvent mythifiés, et d’autre part je cherche à l’inscrire dans la continuité des textes religieux antérieurs qui décrivent la Fin du monde. Depuis longtemps, nombreux sont les chercheurs occidentaux à avoir noté les similitudes entre certains récits bibliques (tirés des livres ‘canoniques’ de l’Ancien et du Nouveau Testaments) et le Coran, remarquant dans le même temps la présence d’écarts considérables entre les deux versions. Ces disparités ont souvent été mises sur le compte d’erreurs de compréhension due à Muhammad ou à son entourage. Dans le cadre de cette thèse, je voudrais suggérer que le texte du Coran n’est pas « influencé » par ces écrits bibliques comme cela a souvent été avancé, mais plutôt qu’à la manière des homélistes chrétiens, ses auteurs ont composé un texte original rimé et rythmé en prenant comme sous-texte un ou plusieurs verset(s) biblique(s). Comme Gabriel Said Reynolds l’a constaté, l’homéliste livre essentiellement son exhortation par le biais du discours eschatologique. Ainsi, je propose de lire les nombreux versets coraniques traitant de la Fin à la lumière d’un petit corpus d’homélies eschatologiques composées un peu plus d’un siècle avant le Coran par Narsaï (m. ca. 502) et Jacques de Saroug (m. 521), deux auteurs chrétiens de langue syriaque. Ce faisant je voudrais apporter un éclairage à la fois sur les techniques rhétoriques communes employées par ces auteurs et ceux du Coran, ainsi que sur de nombreuses zones d’ombre liées au vocabulaire et aux images employées dans le discours eschatologique coranique.

Abstract

Eschatology, or the discourse on the End, is arguably the Qur’an’s predominant thematic, giving vivid descriptions of cosmic and earthly cataclysms that will take place during the last days, depicting the Judgment as a horrific day for the sinners or portraying the final Resurrection in highly evocative terms. Paradoxically, this central qur’anic discourse regarding the End has little been discussed by modern scholars and has even been undervalued or even all together dismissed by a number of studies. Yet, according to scholars such as Paul Casanova (d. 1926), Tor Andrae (d. 1947) or more recently Stephen Shoemaker, eschatology should be regarded as the oldest strata of the Qur’an. This primitive layer would have been altered by the editors of the final version of this corpus after Muhammad’s death, when the End had not come. The object of my dissertation is to bring this eschatological discourse back in the spotlight by studying it in its historical context (i.e. that of Late Antiquity) as well as in its literary context (i.e. that of religious writings from the “Biblical” tradition). By doing so, I wish on the one hand to study the qur’anic text in itself, without its later traditional Muslim interpretations which always read the Qur’an in light of a mythified life of Muhammad. On the other hand I seek to understand the Qur’an in the continuity of previous religious eschatological texts. Many Western scholars have long noticed the similarities between certain biblical narratives (from the ‘canonical’ books of the Old and New Testaments) and the Qur’an, at the same time insisting on discrepancies between the two versions. These differences have often been said to be the result of Muhammad’s or someone else’s mistake. With the present study, I wish to show that the Qur’an is not “influenced” by biblical narratives as has often been thought. Rather, I believe that its authors have composed a novel writing in rhymed and rhythmic speech, based on one or more biblical subtext(s), very much like what Christian homilists did. As Gabriel Said Reynolds has argued, the fundamental medium of exhortation in their homilies is the use of eschatology. I therefore suggest to read the numerous verses of the Qur’an that deal with the End in light of a small corpus of eschatological homilies written a little more than a century before the Qur’an by Narsai (d. ca. 502) and Jacob of Serugh (d. 521), two Christian authors who wrote in Syriac. It is my hope to shed a light both on shared rhetorical techniques used by these authors and those of the Qur’an as well as on some ambiguous or problematic aspects of the qur’anic eschatological discourse.

Voir en ligne : Diwan (Hassan Bouali)

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