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Une lecture mu’tazilite du Coran. Le Tafsir d’Abû Alî al-Djubba’i (m.303/915) partiellement reconstitué à partir de ses citateurs (Daniel Gimaret)

Une lecture mu'tazilite du Coran. Le Tafsir d'Abû Alî (...)

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L’auteur

Daniel Gimaret a été directeur d’études à l’EPHE de 1973 à 1998.

Présentation

Florissante en islam du IIe au Ve siècle de l’Hégire (VIIIe-XIe s. J.C.), l’école théologique mutazilite s’est faite le champion, d’une part, des principes d’unicité et de transcendance divines (d’où, entre autres, la doctrine du Coran créé, et la négation de la visibilité de Dieu), d’autre part et surtout, du principe de justice divine (d’où, notamment, l’affirmation du libre arbitre humain et le rejet de toute forme de prédestination). De tous les maîtres de cette école, Abu `Ali al-Djubba’i (m. 303/915) a été, sans conteste, le plus éminent. Le premier à avoir fait du mu`tazilisme un système complet, il est au point de départ d’une longue lignée de théologiens, illustrée en particulier par son propre fils Abu Hashim (m. 321/933), puis, un siècle plus tard, par le qadi `Abd aI-Djabbar (m. 415/1025) et Abu I-Husayn al-Basri (m. 436/1044). Un autre de ses disciples célèbres a été le théologien sunnite al-Ash`ari (m. 324/935). Comme tout le reste de l’oeuvre d’al-Djubba’i, son commentaire (tafsir) du Coran a disparu. Mais il est possible d’en reconstituer en partie le contenu grâce aux très nombreuses références qui y sont faites dans divers commentaires postérieurs, notamment ceux d’Abu Dja`far at-Tusi (m. 459/1067), al-Djushami (m. 494/1101), at-Tabarsi (m. vers 548/1153), Fakhr ad-din ar-Razi (m. 606/1209). Le Tafsir d’al-Djubbai a un double intérêt : d’une part, au plan de l’exégèse théologique, d’afficher des positions infiniment plus nettes et explicites que le Kashshaf de Zamakhshari (longtemps connu comme seul représentant d’une exégèse mutazilite); d’autre part, de n’être pas seulement un commentaire théologique, mais d’envisager le Coran aussi sous tous ses autres aspects : philologique, historique, juridique, cosmologique. A ce second point de vue, on ne lui voit guère de comparable que le Tafsir al-kahir d’ar-Razi.

Compte rendus

Guy Monnot, Revue de l’histoire des religions, 213-3/1996, p. 360-361.